Présentation

DU 11 AU 13 JUIN 2020 | MRSH CAEN

Parmi les éléments incontournables dans l’étude du Canada figure l’immensité de son territoire. Le premier ministre canadien William Lyon Mackenzie King avait d’ailleurs remarqué lors d’un discours à la Chambre des Communes en juin 1936 que si certains pays avaient « trop d’histoire », les difficultés pour gouverner le Canada trouvaient leurs origines dans un « excès de géographie ». Appréhender un pays d’une telle superficie a toujours été un défi et, incontestablement, les efforts déployés pour accommoder les différences régionales ont façonné l’histoire politique canadienne et marqué la construction nationale. Au-delà de l’influence de la diversité régionale sur l’histoire politique nationale, ce colloque international pluridisciplinaire cherchera à élargir les questionnements pour aborder la notion de l’intégration sociale et la construction des identités nationales, provinciales, régionales et locales. Lequel de ces niveaux a été le plus pertinent dans la construction d’un véritable sentiment d’appartenance ? Le Canada, tout comme les autres pays occidentaux, subit depuis des années 1980 l’influence de la globalisation, et la prédominance de politiques d’inspiration néolibérale. Des politiques qui cherchent à réduire la capacité des gouvernements à intervenir et à réguler préconisent aussi la décentralisation à l’intérieur des Etats-nations. Comment cet ensemble d’initiatives a-t-il modifié l’équilibre des pouvoirs, et le sentiment d’appartenance des citoyens au Canada ?

La thématique du colloque – Régions et Régionalisme au Canada – se prête à un large éventail d’approches disciplinaires. Les politologues s’intéresseront, entre autres, à l’interaction et à la concurrence entre différents niveaux de gouvernement au sein du fédéralisme canadien. L’attachement à un territoire étant central pour les peuples autochtones, comment faire évoluer le fédéralisme pour accommoder leurs demandes de gouvernement autonome ? Les historiens sont invités à explorer, par exemple les particularités régionales, et la mise en place d’allégeances politiques et sociales à travers le temps. Les modèles qui confrontent la métropole et l'arrière-pays, connue en anglais sous le nom de Metropolitan-Hinterland Thesis, sont-ils toujours pertinents pour appréhender les forces centripètes/centrifuges en jeu au Canada ou celles de réseau/marge ? Les sociologues et géographes s’intéressent à la construction des identités et des relations sociales dans leurs dimensions spatiales notamment à travers les questions de pouvoir et de justice (parfois déclinée en registres : sociale, spatiale, environnementale…). A une époque où l’adage « Penser globalement, agir localement » est devenu un slogan courant, ce glissement vers le local a-t-il modifié durablement le sentiment d’appartenance sociale et la conception de la citoyenneté ? A-t-il eu un impact sur la question du ou des pouvoirs ? Comment in fine appréhender la construction du territoire dans le contexte canadien ? Quels outils conceptuels pour penser l’ensemble des dimensions sociales, culturelles, politiques qui se cristallisent sur des échelles de référence spatiales ? Comment des notions spatiales de territoire, de région, de nations, etc., issues historiquement des contextes européens, ont-elles (ou doivent-elles être) reconstruites dans les contextes canadiens, notamment au prisme des appartenances (communautés, nations, etc.) ? Comment s’articulent les échelles de référenceet notamment la région en fonction des provinces, de leur place dans le système canadien et des projets politiques qui construisent le territoire (place du Québec, revendications autochtones) ? Les organisateurs de ce colloque sollicitent aussi des contributions de spécialistes en littérature et en arts visuels : comment les écrivains canadiens traitent-ils de la notion de la création et de la construction du sentiment d’appartenance ? L’expression artistique de voix régionales a-t-elle été conditionnée par des environnements divers? Quels sont les éléments qui unifient la littérature canadienne au-delà de la diversité régionale ? Y a-t-il des tensions entre les perspectives nationale, provinciale, régionale et locale ? Ces mêmes questions s’appliquent au cinéma canadien, qu’il relève de la fiction ou du documentaire.

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